Un COV cancérigène dans nos pressings

Un COV cancérigène dans nos pressings !

COV, pollution air intérieur des pressingsAprès le retrait des phosphates des lessives en 2007, c’est aujourd’hui au perchloroéthylène, (ou tétrachloroéthylène) d’être pointé du doigt. C’est le COV (composé organique volatil) le plus utilisé pour le nettoyage à sec des tissus et il est classé cancérigène probable.

Facteur de pollution de l’air intérieur, on le retrouve dans 90% des pressings Français. Ce solvant est également utilisé dans l’industrie automobile et la métallurgie pour dégraisser les pièces métalliques et on le retrouve dans certaines peintures ou produits détachants vendues en grande distribution. On estime qu’environ 15 000 personnes y seraient exposées dans le cadre de leur travail.

Outre les employés qui sont exposés directement, les vapeurs touchent aussi les personnes qui habitent au-dessus des pressings. Selon André Cicolella, du Réseau santé environnement, les normes de l’OMS sont de 250 µg/m3, et les riverains de pressing « sont en moyenne exposés à 2.000 µg/m3″ (source AFP). Les vapeurs de perchloroéthylène s’échappent des machines de nettoyage à sec lors de l’ouverture du hublot.

Quel impact sur la santé ?

Classé comme cancérigène probable par le entre International de Recherche sur le Cancer, le tétrachloroéthylène est interdit au Danemark et aux Etats-Unis. Il est irritant pour la peau, les voies respiratoires (nez, gorge) et les yeux. L’inhalation du tétrachloroéthylène peut induire des affections respiratoires ainsi que de l’estomac. Son exposition sur le long terme est susceptible de provoquer des cancers de l’œsophage, de la langue et des lymphomes. Il peut également agir sur le système nerveux et générer des troubles de la concentration et de la mémoire.

Qui sont les victimes ?

Les associations cherchent désormais à rassembler les victimes (professionnels et riverains) dans le but d’alerter l’opinion publique.

Parmi les cas les plus médiatisés on citera par exemple le décès en 2009 d’une septuagénaire niçoise habitant au-dessus d’un pressing. L’autopsie demandée par le fils de la victime aurait révélé la présence de tétrachloroéthylène dans tous ses organes sauf l’estomac et deux expertises médicales ont conclu par la suite à un lien de cause à effet entre la présence de tétrachloroéthylène dans son corps et son décès. La procédure engagée par ses proches a aboutie à la mise en examen en septembre dernier du gérant du pressing pour « homicide involontaire ».

Autre exemple à Rennes, où Pascal DENOT (restaurateur) subit journellement depuis 2006 les émanations de tétrachloroéthylène provenant du pressing voisin. Il souffre notamment de troubles neurologiques, de maux de tête et somnolence chronique. Ses analyses de sang ont révélé la présence de tétrachloroéthylène et la procédure judiciaire contre le pressing a mis en évidence la présence du même polluant chimique dans l’air du commerce.

Quelles mesures et quelles solutions ?

La France, qui doit se conformer aux attentes européennes en matière de surveillance des émissions de COV, s’est engagée à réduire de 30 % le recours au solvant. L’INRS, qui a pour mission de coordonner les actions en faveur de la santé et la sécurité de l’homme au travail, propose sur son site une fiche donnant des indications pour substituer des produits moins toxiques au perchloroéthylène.

Les pressings présentent des obligations en terme d’aération et d’équipement en hottes aspirantes mais une enquête réalisée à l’initiative de la profession et l’Agence de l’eau Adour Garonne révèle que 60 % pressings de la région Midi Pyrénées ne sont pas équipés de hottes de confinement des émanations de tétrachloroéthylène.

La situation est donc jugée inquiétante par les acteurs locaux et une nouvelle campagne de contrôle devrait être lancée au cours du printemps 2012 par l’ADEME. Celle-ci concernera 500 commerces répartis sur toute la France et sélectionnés sur la base du volontariat.

Pour les professionnels et les particuliers il existe désormais des kits d’analyse permettant d’identifier et de mesurer les différents polluants présents dans l’air intérieur.
Outre ces mesures, il est recommandé d’ôter l’emballage plastique au retour du pressing puis d’aérer les vêtements à l’extérieur avant de les remettre dans la penderie.

Car chez vous,
avez-vous une petite idée de ce que vous respirez au quotidien ?

3 commentaires sur “Un COV cancérigène dans nos pressings

  1. Bjr
    Merci de toute ces information concernant la dangerosité du produit que vous avez signifié plus haut.je me demande quels sont les alternatifs a ce jour?

  2. Bonjour;

    Savez-vous s’il serait possible avec des analyses spécifiques de retrouver des traces de perchloroéthylène.3 ans après sur une dame qui a travaillé durant 10 ans dans une laverie, pressing sans aucune protection et qui en 3 ans à fait un cancer, une hémorragie interne et un AVC. Elle est restée hélas paralysée; Aucun médecin ne lui a fait faire de bilan et elle est persuadée que ces problèmes de santé sont dus à l’exposition durant toutes ces années. Un de ses collègues en est mort. Que recommanderiez-vous comme test pour cette dame et cela n’est-il pas trop tard. Par avance, je vous en remercie.

    • Bonjour,

      Les polluants peuvent se détecter dans les matrices biologiques (sang et urine) jusqu’à une semaine après exposition.
      Dans le cas des cheveux, il est possible d’aller jusqu’à 3 mois après exposition.

      L’exposition de la personne a eu lieu il y a plus de 3 ans et à notre connaissance, il n’est donc pas possible de déceler une trace de l’exposition au perchlorethylène liée à son activité professionnelle.

      L’équipe du blog du Home Testing.

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