Pollution de l’eau : Résultats de l’étude de l’UFC que choisir

Les pesticides, les métaux lourds et les nitrates polluent l’eau, c’est le résultat de l’étude de l’UFC-Que Choisir.

Pesticides et métaux lourds dans l'eauLa « Journée mondiale de l’eau » se déroule comme chaque année le 22 mars. Cet évènement est coordonné par l’ Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) depuis plus de 10 ans. L’eau est un thème majeur, porteur d’enjeux sanitaires, budgétaires et environnementaux. Nous vous parlions récemment de l’augmentation de la tolérance des pesticides dans l’eau potable, l’actualité offre aujourd’hui une nouvelle opportunité à l’UFC-Que Choisir d’apporter sa contribution au débat avec la publication le 20 mars dernier d’une étude portant sur la qualité de l’eau de consommation en France.

Globalement, une eau de qualité :

Cette étude propose une vision synthétique de la qualité de l’eau de chaque commune du territoire métropolitain, au regard de six types de pollutions :

• Nitrates
• Pesticides
• Sélénium
• Bactériologie
• Radioactivité
• Aluminium

Il en ressort que 97,5% des Français auraient accès tout au long de l’année à une eau de bonne qualité, en revanche près de deux millions de consommateurs paient, eux, pour une eau non conforme aux critères règlementaires. Le cocktail des principaux polluants décelés (pesticides, nitrates, sélénium) met en évidence les graves menaces que la pression agricole fait peser sur l’eau.

Les principales sources de pollution :

69% de pollution d’origine agricole (pesticides, nitrates, sélénium)
27% de pollution dues à des défauts de traitement de l’eau (dosage en chlore insuffisant, dépassement des teneurs en aluminium)
4% de pollution dues à la radioactivité naturelle.

Un constat : Plus le réseau de distribution est grand, plus la qualité de l’eau semble élevée. L’étude démontre ainsi qu’en zone urbaine, la qualité est globalement bonne, principalement dans les grandes agglomérations et les villes de taille moyenne qui n’affichent que de faibles traces de pollution en raison de la fréquence des contrôles.

Il n’en est cependant pas de même dans les petites communes. En effet, 2747 communes afficheraient des dépassements de pollution pour au moins un des critères suivis ce qui signifie qu’au niveau national 1 760 000 personnes recevraient une eau non conforme.

L’agriculture pointée du doigt :

Plus d’un million de consommateurs reçoivent une eau contaminée en pesticides, en nitrates et en sélénium. Les départements les plus touchés se retrouvent dans les zones où l’agriculture est la plus intensive : Bassin Parisien (Eure-et-Loir, Loiret, Seine-et-Marne, Yonne), le Nord et la Champagne (Pas-de-Calais, Marne, Aube). On constate qu’alors que l’agriculture est responsable à 74% et 90% de la pollution en nitrates et pesticides, ce sont les consommateurs qui supportent près de 90% de la facture via la redevance pollution.
Au total, on estime que l’utilisation d’herbicides, fongicides et insecticides dans le milieu agricole, génère sur la facture d’eau des dépenses supplémentaires annuelles au minimum comprises entre 640 et 1 140 millions d’euros, soit de 7% à 12% de la facture d’eau des ménages français.

Traitement de l’eau :

Les contaminations liées au défaut de traitement (qualité bactériologique, aluminium) et aux contaminations naturelles (radioactivité) sont moins marquées. Elles représentent 31% de la pollution de l’eau, mais elles touchent néanmoins 1 500 communes et 500 000 consommateurs.
Suite à l’étude, les associations locales de l’UFC-Que Choisir, situées dans ces secteurs, sont intervenues auprès des maires des communes concernées pour leur demander de prendre rapidement des mesures de traitement et d’information auprès des consommateurs.

Que se passe-t-il en cas de dépassement des normes ?

Selon le code de la santé publique, le responsable de la distribution de l’eau potable (c’est-à-dire le président du syndicat de l’eau ou l’entreprise distributrice de l’eau) doit immédiatement informer le maire et les autorités sanitaires (préfet et DDASS) et effectuer une enquête pour trouver la cause du problème et rétablir une qualité d’eau acceptable.
C’est le préfet qui doit évaluer les risques sanitaires en fonction de l’importance du dépassement de la norme.
Lorsque l’eau présente des risques significatifs pour la santé, il peut décider de prononcer une restriction de consommation pour les usages alimentaires. Dans ce cas, des recommandations sont diffusées à la population. Cette campagne d’information est réalisée grâce à l’affichage en mairie des résultats d’analyses du contrôle sanitaire des eaux et par la diffusion avec la facture d’eau, une fois par an, d’une synthèse sur la qualité de l’eau délivrée l’année précédente.
Lorsque la qualité de l’eau ne peut pas être rétablie rapidement, la mairie peut être amenée à fournir aux habitants de l’eau potable en bouteilles.

Si vous vous posez des questions sur la qualité de l’eau dans votre région, l’UFC-Que Choisir fournit sur son site les moyens d’obtenir d’avantages d’informations.

Et chez vous, connaissez-vous la qualité de votre eau ?

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