Le Bisphénol-S devrait remplacer le Bisphénol-A. Est-il moins dangereux ?

En raison de ses propriétés de perturbation du système endocrinien, le Bisphénol-A est aujourd’hui interdit depuis 2010 dans les biberons et sera interdit en 2015 dans les contenants alimentaires. Devant cette obligation réglementaire, les industriels ont remplacé le Bisphénol-A (BPA) par un analogue chimique le Bisphénol-S (BPS). Le Bisphénol-S est-il pour autant sans danger ?

Utilisé dans les plastiques comme les polycarbonates et les résines epoxy servant dans les contenants alimentaires, on le retrouve également dans le papier thermique des tickets de caisse ou des reçus de cartes bancaires.

Il semble que nous soyons repartis à la case départ. En effet, le BPS ne bénéficie pas d’une bibliographie aussi fournie que le BPA car jusqu’ici il était très peu utilisé et ne nécessitait pas d’investigation poussées requises par REACH.

Cependant, plusieurs études scientifiques montrent qu’il présente également des propriétés de perturbation du système endocrinien. Dans son bulletin de veille scientifique de Juillet 2014, l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) présente un résumé des études parues en 2014 de Rosenmai AK et al. parue dans le N° 139 de la revue Toxicological Science et de Naderi M et al. dans le numéro 148 de la revue Aquatic Toxicology.

La première étude montre que le BPS présente une activité de perturbation du système endocrinien même si elle est moins importante que celle du BPA. La seconde conclue que l’exposition environnementale des poissons zèbres au BPS produit une altération hormonale et une baisse de la fertilité.

Avec une utilisation croissante de Bisphénol-S pour le remplacement du Bisphénol-A, de nombreuses études d’impact sanitaire, notamment celles concernant la perturbation du système endocrinien, vont certainement être réalisées.

Pensez-vous qu’il faille également interdire le Bisphénol-S ? Et les autres molécules de la famille du Bisphénol ? Vous pouvez répondre avec un commentaire ou participer à notre sondage.

3 commentaires sur “Le Bisphénol-S devrait remplacer le Bisphénol-A. Est-il moins dangereux ?

  1. Bonjour,

    La photo qui illustre votre article prête à confusion; le BPS n’est envisagé comme remplaçant éventuel du BPA que dans son utilisation pour les papiers thermiques; pour les plastiques (polycarbonates et résines époxydes), le recours au BPS n’est tout simplement pas considéré, car cette substance ne convient absolument pas à ce type d’applications. La photo d’un gobelet pour enfant avec l’étiquette « BPA (but not bisphenol) free » est donc plutôt inopportune.

    Par ailleurs, nous souhaitons attirer votre attention sur les faits suivants:
    - La plupart des agences sanitaires publiques, dont la FDA, l’EFSA, l’Agence Canadienne pour la sécurité alimentaire et bien d’autres, ont confirmé à maintes reprises le caractère non dangereux de l’exposition humaine au BPA dans ses usages habituels
    - En ce qui concerne le papier thermique, je vous invite à vous référer à deux études qui examinent la présence de BPA dans ce type d’application :
    o Biedermann et al. (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20623271), qui a démontré que, bien que de faibles quantités de BPA puissent être transférées du papier thermique vers la peau, ces niveaux sont bien inférieurs aux doses journalières réglementaires, même dans les pires scénarios d’exposition
    o Zalko, D., et al. (http://www.debunkosaurus.com/myimages/BPA_Zalko_Chemosphere_2010.pdf), qui montre que, lorsqu’il pénètre la peau, le BPA est transformé efficacement en une métabolite inactive biologiquement qui est ensuite rapidement éliminée

    Le Bisphénol S, bien moins connu que le BPA pourrait éventuellement remplacer (et non « devrait » comme le mentionne le titre de cet article !) le BPA, dans une seule de ses applications. Et oui, bien évidemment, avant toute substitution, il faut étudier cette substance plus à fond, car ses caractéristiques toxicologiques sont bien moins connues que celles du BPA. Pourquoi remplacer une substance confirmée comme étant sûre par une substance bien moins étudiée ?

    • Merci pour votre commentaire très informatif en réponse à notre article concernant le Bisphénol-S (BPS) et de nous apporter des précisions sur ces substances.
      Votre réponse est sans doute partisane car BPA coalition dont vous faites parti est là pour présenter la vision des industriels sur le bisphénol-A et de ses substituants possibles.
      Bien entendu, notre blog est ouvert à des discussions constructives et argumentées comme vous l’avez fait dans votre commentaire.

      Il est vrai que les doses auxquelles le Bisphénol-A est toxique (au sens de Paracelse) sont relativement élevées avec une Dose Journalière Admissible (DJA) selon l’EFSA de 0,05 mg/kg. En effet pour les doses correspondantes à une exposition journalière le Bisphénol-A n’entraîne pas d’effets toxiques.

      Cependant, pour statuer sur la « non-dangerosité » d’une substance, il faut tenir compte des effets de perturbations du système endocrinien, également bien documentées scientifiquement, et qui n’est aujourd’hui plus à démontrer pour le BPA. Rappelons que les perturbateurs endocriniens sont des substances qui peuvent mimer les hormones humaines et sont actifs dès les très faibles concentrations. En conséquence, toute exposition au Bisphénol-A, surtout à de faibles concentrations, peut avoir des effets significatifs sur la santé. C’est pour cette raison qu’il est d’ores et déjà interdit dans les biberons et qu’il le sera dans les contenants alimentaires dès 2015.

      Enfin, comme vous le soulignez, les différents Bisphénols (Z,S,B…) qui sont étudiés comme substances de remplacement du BPA ne sont pas aussi bien documentées. Il est donc souhaitable que des études scientifiques indépendantes complémentaires soient menées pour évaluer le caractère perturbateur endocrinien avant toute substitution dans les produits de la vie courante. Malheureusement, cela n’a pas toujours été le cas comme par exemple pour les retardeurs de flamme type PCB (Poly-Chloro-Biphényls) remplacés par les PBDE (Pobly-Brominated Diphenyl Ether) dont plusieurs sont aujourd’hui interdits. Nous comptons donc sur la sagesse des industriels pour attendre les résultats de ces investigations scientifiques avant de mettre ou non en place une substitution du BPA par un autre bisphénol.

  2. Des malformations génitales masculines, la diminution du nombre de spermatozoïdes ont été observés chez des ouvriers exposés aux plastifiants. Ces produits (phtalates, bisphénol A…) sont aussi suspectés d’affecter le métabolisme des sucres et des graisses.
    Les phtalates (di-2-éthylhexyle DEHP etc.) sont couramment utilisés comme additifs des matières plastiques pour les rendre souples, en particulier pour le PVC, mais aussi présents dans les contenants alimentaires, les jouets, les médicaments, les vêtements, les cosmétiques…
    Le bisphénol A (BPA) est présent dans de nombreux produits d’usage courant (emballages alimentaires, papiers thermiques, matériel médical, peinture, adhésifs…). Il s’agit d’un des constituants des plastiques rigides tels que le polycarbonate.
    source : La prévention des risques professionnels des perturbateurs endocriniens : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=507

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>