Des antennes radars pour déterminer l’impact des pesticides sur la survie des abeilles

 

 

 

 

 

 

Souvenez-vous…

Quelques mois plus tôt, dans un précédent article, Kudzu Science vous faisait part de la « Victoire des abeilles » face à l’usage agricole des pesticides appartenant à la famille des néonicotinoïdes. L’Union Européenne ayant voté en leur faveur l’interdiction de ces substances par crainte qu’elles ne nuisent à nos amies les butineuses.

Cependant, les abeilles ne sont pas au bout de leur peine car une nouvelle menace plane au-dessus de leurs antennes. En effet, le gouvernement britannique ne soutient pas cette interdiction et exige que des recherches soient menées afin de confirmer ou non l’impact de ces pesticides concernant le déclin des abeilles. De plus, d’autres pays dans le monde continuent d’utiliser ces substances chimiques qui risquent de mettre encore plus en péril l’existence des insectes pollinisateurs.

Les butineuses au centre de toutes les attentions

Nos amies les butineuses sont indispensables au maintien des écosystèmes ainsi qu’à la pollinisation des plantes à fleurs qui produisent nos fruits et légumes. En 25 années, les populations d’abeilles et de bourdons se sont complètement écroulées. C’est pourquoi, de nombreuses études voient le jour pour comprendre comment les pesticides, ou encore certaines maladies, arrivent à compromettre la survie des abeilles.

Ainsi, une équipe de biologistes du laboratoire Rothamsted Research, au Royaume-Uni, et de l’Université libre de Berlin, ont équipé des abeilles de petites antennes radars d’environ deux centimètres. Ces antennes, collées sur le dos des spécimens, permet de suivre individuellement et de manière précise leurs trajectoires. L’objectif de ce dispositif est de récolter des preuves démontrant l’impact des pesticides sur le système de navigation des abeilles. Pour cela, les antennes ont été déposées sur 200 abeilles nourries d’un nectar sain et 200 abeilles nourries par un nectar contenant des néonicotinoïdes.

Deux sortes de mémoires en guise de GPS

Selon Randolf Menzel, le neurobiologiste allemand responsable des travaux, les abeilles utilisent deux sortes de mémoires pour se déplacer et retrouver leur chemin.

La première est une sorte de navigateur automatique qui permet aux insectes de retrouver le chemin de la ruche en suivant la direction d’un vecteur donné. L’autre sorte de mémoire se base sur la reconnaissance du paysage, qui se développe au cours de la vie de l’abeille grâce à ses précédents vols.

Avec le système d’antenne radar mis en place, les scientifiques ont observés que les abeilles exposées aux néonicotinoïdes ont plus de mal à s’orienter et que leurs trajectoires sont plus confuses. Elles s’affaiblissent à cause de leur incapacité à s’orienter et deviennent donc plus vulnérables aux menaces comme les maladies ou le mauvais temps.

« What’s killing our bees ? » : Qu’est-ce qui tuent nos abeilles ?

Nous invitons les plus curieux à consulter les résultats de cette étude en regardant dans le documentaire spécial « What’s killing our bees ? », présentés dans l’émission Horizon de la chaîne BBC One (vidéo d’environ une heure en anglais). Dès la 25ème minute, vous pouvez visionner l’expérience du neurobiologiste Randolf Menzel, démontrant l’influence des pesticides sur la capacité de navigation des abeilles.

Dans cette expérience, le radar permettant d’observer les déplacements des abeilles est disposé à proximité de la ruche (hive*) proche de la zone de butinage (feeding station*). Le chercheur va relâcher successivement deux abeilles, une non contaminée et une autre contaminée au néonicotinoïde, depuis un point éloigné de la zone habituelle de butinage (release site*).

*termes repris dans le schéma explicatif de la vidéo, à partir de la minute 30

Les images parlent d’elles même !

Une fois relâchée, l’abeille non contaminée se sert de son navigateur pour retrouver le chemin de sa ruche, en suivant la trajectoire du vecteur mémorisé.

Etant libérée depuis une zone de butinage inconnue, l’abeille se dirige en réalité vers le faux emplacement de sa ruche (assumed hive location*).

 

A proximité du faux emplacement, ne trouvant pas la ruche, l’abeille fait appel à sa deuxième mémoire pour retrouver son chemin.

L’abeille contaminée, va quant à elle rencontrer de grandes difficultés pour retrouver sa ruche.

En effet, contrairement à sa consœur, elle est incapable d’utiliser sa navigation automatique et donc de suivre une trajectoire précise.

Ses déplacements sont confus, empruntant différentes direction elle finit par se perdre.

Cette pauvre petite abeille ne retrouvera jamais le chemin de sa ruche !

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